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Les 24 heures de Vignetta : La belle aventure

Photo du rédacteur: Xavier Hard
Xavier Hard
9 mars
4 min de lecture

"Mais pourquoi est ce que je me suis lancé la dedans…"

Les weekends se suivent, les interrogations aussi. Semaine dernière, 200 bornes en vélo un dimanche et ce weekend, c'est "Marcher" pendant 24 heures à Vignetta du côté d'Ajaccio.

La réponse à la question ci-dessus c'est : le masochisme.


Vendredi, 14h30.

Décollage de Borgo pour Ajaccio. Une partie de la Marchja Corsa Social Club (M.C.S.C) va rejoindre d'autres membres de l'Association mais aussi des personnes de A Spondisulana (soutien aux personnes atteintes de maladies chroniques articulaires).

Arrivés au Stade Vignetta, on part récupérer les dossards. On se met dans l'ambiance. On essaie de comprendre le concept. Ni une, ni deux, nous partons à la reconnaissance du tracé. 1,25 km entre piste d'athlétisme, gymnase et asphalte. Je suis un tantinet dubitatif en me disant que j'allais marcher pendant 24 heures dans un circuit si petit. On verra ça demain. Direction l'hôtel.


Après une nuit tout confort dans l'excellent hôtel Campo Dell'Oro et un petit déjeuner gargantuesque, nous nous rendons au stade de Vignetta. A 500 m à peine.

La zone de ravitaillement ainsi que de repos se trouve dans le gymnase. On s'installe. On est venus en mode "touristique". Personne des deux associations n'a jamais fait un tel "truc". En fait, on va vite se rendre compte qu'un "truc" comme ça, cela se prépare jusque dans les moindres détails.



11h05. C'est parti ! Nous, on est en mode "marche nordique". Un peu des extraterrestres au milieu de tous ces runners. Nous ne sommes que 5 marcheurs sur l'épreuve des 24 h solo sur la cinquantaine de participants.


C'est l'Association "Tous pour chacun" qui organise de mains de maîtres cet événement. Elle a pour but de favoriser l'inclusion du handicap.

Xabi et moi même avons décidé de faire cette épreuve en modo solo. En clair, tu fais le hamster jovial pendant 24 heures, seul. D'autres, notamment Ketty et Caroline sont parties en mode relais. Elles se partagent la tâche durant les 24h.

On part. Les sourires sont là. Le soleil aussi. On marche. L'objectif reste de marcher autour de 5,5 kilomètres/heure le plus longtemps possible durant 24 heures. Faire 80 kms. Les tours s'amoncellent. Les sourires sont là. On marche au milieu d'amateurs de cosplay, avec des personnes heureuses. Tout va bien.


Les filles ont déjà fait leur premier relais. 4 heures se sont écoulées. Manger ! Là, on aurait dû s'organiser et se préparer des trucs. Le mode "touristique" implique de faire avec les moyens du bord. Sandwichs saucisses et frites. La nourriture du sportif de haut niveau. En tout cas, cela fait du bien. On avait emporté des barres de céréales, des pates de fruit, des boissons isotoniques, des électrolytes… Mais, pas de bouffe. Pff. Quoiqu'il en soit, nous avons fait face sur place grâce au stand de nourriture.


Les heures passent. La nuit est là. Les sourires commencent à disparaître. On rentre dans le dur. Une dizaine d'heures de marche nordique. On se ravitaille en boisson régulièrement. Même si c'est dur, on est bien.


Au milieu de la nuit, tout change. Les visages sont marqués. Les premiers abondons se profilent. Sur les coups de 23 heures, la Team A Spondisulana, attaque sa course. 12 heures en relais à 6. Leur arrivée rebooste le groupe.

Du côté des fille sur la 24 heures, on est dans le dur. Pour rien ne vous cacher, il en est de même pour les deux garçons sur la 24.



En fait, dans ce type de manifestation sportive, le fond du concept, la substantifique moelle, c'est ce qui se passe dans la tête et dans le corps. Tout change. Vite. Des hauts, des bas... Des bas, des hauts... De la souffrance.

Sur place, il y avait un stand tenu par des kinés. Tout au long des 24 heures, ils ont œuvré pour nous remettre sur pieds. Nous y sommes tous passés. Une fois au moins. A noter aussi la présence d'animations musicales de qualité !

Quatre heures du matin, j'ai des frissons… Il faut faire une pause longue. 45 minutes, massage, repas et sieste incluse. L'horreur du "truc" reste de redémarrer après une longue pause. Les jambes sont là, le cerveau est là mais les deux ne communiquent plus.

L'expression "jambes de bois" prend tout son sens. Dans la douleur, on y retourne. On a mal mais on y va. Vous avez dit Masochisme ?

Les heures se cumulent. Les pauses se multiplient. En marchant, on se retrouve à discuter avec d'autres que l'on ne connaissait pas la veille. Rapidement, ils deviennent nos meilleurs copains… de galère. On a tous qu'une idée en tête : voir le soleil se lever. Ils le disent, si tu vois le soleil se lever, c'est gagné ! Le soleil se lève. J'ai la gorge serré…



C'est la fin, il ne reste plus que 54 minutes. Le temps, tel un élastique surdimensionné, est lent. 5 minutes. Il faut se lever pour passer la ligne d'arrivée. Les 10 aventuriers que nous sommes, avec des têtes quelque peu transformées, la franchissons. La joie est interne. On est tellement claqués que l'on a même du mal à se réjouir.

Cérémonie de clôture. On a fait péter les compteurs. Pour les solos, le cap des 100 kms a été franchi, pour le 24 duo aussi. Pour le groupe de 6 avec l'Association A Spondiusulana, ce sont 80 bornes qui sont affichés au compteur. Pas une paille.



Pour conclure, les 24 heures de Vignetta fait parti de ces moments que l'on oubliera jamais. On s'est sentis passer par tous les types sentiments possibles et imaginables au milieu de personnes heureuses de partager un moment hors du temps pour une bonne cause.

Va marcher !

 
 
 

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